Accueillir un nouveau client sur WhatsApp : opt-in, bienvenue et premiers 30 jours
Recueillir l'opt-in, envoyer le message de bienvenue, fixer les règles du canal et faire le point à 30 jours : l'accueil d'un nouveau client de cabinet.
Définition légale de l'intermédiaire en zone CIMA : les quatre catégories de l'article 501, qui représente qui, garantie financière et RC pro.
En zone CIMA, un intermédiaire d'assurance est une personne autorisée par le Code des assurances à présenter des opérations d'assurance pour le compte d'une compagnie : courtier ou société de courtage agréé, agent général titulaire d'un mandat, salarié commis à cet effet, ou mandataire non salarié rémunéré à la commission. Personne d'autre ne peut le faire, sauf les quelques dérogations que le Code énumère lui-même. Et « présenter », au sens du Code, va très loin : exposer les garanties d'un contrat à un prospect, y compris dans un message WhatsApp, en fait déjà partie.
La question n'est pas académique. Selon la catégorie, l'intermédiaire ne travaille pas pour la même personne, ne fournit pas les mêmes garanties et ne fait pas peser sa faute sur le même patrimoine. Un client qui ne sait pas à qui il parle, et un cabinet qui ne sait pas l'expliquer, se retrouvent en difficulté le jour d'un sinistre contesté. Voici la lecture utile du livre V du Code CIMA, commun aux quatorze États membres.
Tout part de l'article 500 : est une présentation le fait de solliciter ou de recueillir la souscription d'un contrat ou l'adhésion à un contrat, ou d'exposer oralement ou par écrit à un souscripteur éventuel, en vue de cette souscription, les conditions de garantie. Trois conséquences pratiques :
L'article 501 dresse la liste. Le tableau ci-dessous la croise avec les autres articles du livre V qui changent la vie de chaque catégorie.
| Catégorie | Pour qui elle travaille | Titre d'exercice | Garantie financière (art. 524) | Qui répond de ses fautes |
|---|---|---|---|---|
| Courtier, société de courtage (501, 1°) | Un professionnel indépendant des compagnies, commerçant au sens de l'article 531, qui choisit l'assureur avec et pour son client | Agrément du ministre en charge des assurances de l'État d'exercice et inscription sur sa liste (art. 530) | Oui | Le cabinet lui-même, couvert par son assurance de responsabilité civile professionnelle obligatoire (art. 537) |
| Agent général (501, 2°) | L'entreprise d'assurance qui lui a confié un mandat | Mandat d'agent général, ou fonctions d'agent général à titre provisoire pendant deux ans au plus, non renouvelables | Oui | La compagnie mandante, civilement responsable de ses mandataires (art. 505) |
| Salarié commis à cet effet (501, 3°) | Son employeur : une compagnie, ou un courtier | Déclaration par l'employeur et carte professionnelle | Non | L'employeur (art. 505) |
| Mandataire non salarié à la commission (501, 4°) | Son mandant | Déclaration par le mandant et carte professionnelle | Non | Le mandant (art. 505) |
Deux remarques. D'abord, l'article 505 joue « nonobstant toute convention contraire » : une clause d'un contrat d'apporteur qui prétend mettre ses fautes à sa seule charge ne protège pas le cabinet vis-à-vis du client. Ensuite, la déclaration au ministre concerne toute personne physique des quatre catégories avant qu'elle ne présente la moindre opération (article 517). Le détail du dossier d'un commercial ou d'un apporteur est traité dans notre article sur le recrutement d'un commercial ou d'un mandataire ; celui du courtier dans notre guide de l'agrément de courtier CIMA.
Vu du client, les deux se ressemblent : un bureau, un interlocuteur, un contrat qui porte le nom de l'intermédiaire (l'article 522 impose qu'il figure sur l'exemplaire remis au souscripteur). Juridiquement, ils ne se tiennent pas du même côté.
Son mandat le lie à l'entreprise d'assurance. Ce contrat, conclu sans durée déterminée, peut cesser par la volonté d'une des parties, avec d'éventuels dommages-intérêts (article 529). Quand l'agent commet une faute dans la présentation d'un contrat, c'est la compagnie qui en répond civilement. Pour le client, c'est une sécurité ; pour la relation, cela veut dire que l'agent propose les produits de sa compagnie.
Le courtier n'est le mandataire d'aucune compagnie en particulier : il consulte, compare et place le risque auprès de l'assureur qui convient. En contrepartie, il porte seul sa responsabilité professionnelle, d'où les deux garanties que le Code lui impose :
Le Code ajoute une interdiction qui surprend encore des clients : le courtier ne peut pas délivrer de note de couverture sans mandat exprès de la compagnie (article 543). « Vous êtes couvert dès maintenant » n'est donc pas une phrase qu'un courtier peut écrire de sa propre autorité.
L'encaissement des primes est encadré pour tous les intermédiaires : interdiction de principe, sauf espèces jusqu'à un million de francs CFA par police et chèques à l'ordre de l'assureur, sans retenue de commission sur la prime (article 541), reversement à l'assureur dans les 30 jours avec bordereau (article 542).
Les articles 502 à 504 ouvrent des portes étroites, à connaître parce que ce sont souvent des concurrents directs :
En dehors de ces cas, une personne qui « place de l'assurance » sans statut, même payée de façon informelle, présente illégalement des opérations, et la compagnie qui accepte ses affaires s'expose elle aussi : l'article 530 interdit de souscrire par l'intermédiaire de courtiers non autorisés.
Les mentions sur les documents ne sont pas une formalité. Pour un courtier, tout document à usage professionnel doit porter la mention « garantie financière et assurance de responsabilité civile professionnelle conformes aux articles 524 et 538 du Code des assurances » (article 540), et sa correspondance doit porter en en-tête son nom suivi de « courtier d'assurances » ou « société de courtage d'assurances » (article 523). Les autres intermédiaires indiquent leur nom, leur qualité et la compagnie concernée. Le Code ne cite pas les messageries ; par prudence, reprenez ces mentions dans la description du profil WhatsApp Business du cabinet et sur chaque document envoyé en pièce jointe.
Trois messages qui posent le statut sans jargon, à intégrer dans votre parcours d'accueil d'un nouveau client :
Premier contact d'un prospect :
« Bonjour {prenom}, ici {cabinet}, société de courtage d'assurances agréée. Nous ne dépendons d'aucune compagnie : nous consultons plusieurs assureurs pour votre {branche} et nous vous présentons les offres côte à côte. Pouvez-vous nous envoyer votre carte grise et votre attestation actuelle ? »
Le client demande s'il est couvert avant paiement :
« Bonjour {prenom}, la garantie démarre quand la compagnie {compagnie} a émis le contrat ou l'attestation. Nous ne pouvons pas vous confirmer une couverture avant cela. Dès que nous la recevons, nous vous l'envoyons ici. »
Le client compare avec l'agent d'une compagnie :
« Bonne question {prenom}. L'agent général représente sa compagnie et propose ses produits ; en tant que courtier, nous travaillons pour vous et comparons plusieurs assureurs. Dans les deux cas, le contrat est signé avec la compagnie et c'est elle qui indemnise. »
Puisque la responsabilité suit la personne qui présente, le cabinet doit pouvoir retrouver qui a écrit quoi au client et quand. Une inbox partagée sur le numéro du cabinet le permet mieux que des conversations éparpillées sur des téléphones personnels. Dans ORIS, chaque utilisateur a son accès, les conversations restent rattachées à la fiche client, les journaux d'audit sont accessibles dans les paramètres de conformité, et les brouillons proposés par l'IA restent relus par un humain avant envoi. L'outil ne décide pas du statut de vos collaborateurs : il rend visible ce qu'ils écrivent en votre nom.
Le Code CIMA ne donne pas une définition en une phrase : il définit la présentation d'une opération d'assurance (article 500) et réserve cette activité aux quatre catégories de l'article 501, courtiers, agents généraux, salariés commis à cet effet et mandataires non salariés à la commission, sous réserve des dérogations des articles 502 à 504.
Le Code traite les deux statuts séparément, avec des régimes distincts pour l'autorisation et la responsabilité. Avant de cumuler, interrogez la direction des assurances de votre État et vérifiez la liste des incompatibilités de l'article 532 : le risque est de ne plus savoir, ni vous ni le client, pour le compte de qui vous agissez.
Pour un agent général, un salarié ou un mandataire, l'employeur ou le mandant en répond civilement en application de l'article 505. Pour un courtier, c'est le cabinet, couvert par son assurance de responsabilité civile professionnelle obligatoire, la garantie financière couvrant de son côté les fonds non reversés.
Non. Le Maroc ne fait pas partie de la zone CIMA : les intermédiaires y relèvent du code marocain des assurances et de l'ACAPS. Nous détaillons ce cadre dans notre article sur l'intermédiaire d'assurance au Maroc face à l'ACAPS.
Elle peut présenter des opérations d'assurance à ses guichets au titre de l'article 503, à condition que la personne qui les présente détienne la carte professionnelle. Elle n'est pas pour autant courtier : elle ne relève ni de l'agrément de l'article 530 ni de ses garanties propres.
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