Le sinistre est le moment où le client juge réellement son courtier. Or c'est aussi celui où le cabinet a le moins la main : le dossier est chez la compagnie, l'expert a son propre agenda, et chaque jour sans nouvelle se transforme en appel entrant, souvent agacé, qui interrompt un conseiller pour répéter « pas encore de retour ».
WhatsApp change la donne pour deux raisons. D'abord, le client y est déjà : c'est là qu'il a envoyé les photos du dégât des eaux ou du pare-chocs, depuis le lieu du sinistre. Ensuite, un message court, horodaté et rangé dans la même conversation que la déclaration coûte moins qu'un appel et laisse une trace que l'on retrouve six mois plus tard en cas de contestation.
Ce guide décrit le parcours complet, de l'accusé de réception à la clôture, pour un cabinet de 3 à 50 personnes, qu'il travaille avec des compagnies européennes qui indemnisent par virement ou avec des assureurs africains qui règlent via Orange Money, Wave ou M-Pesa. Il précise à chaque étape ce qui relève de la fenêtre de 24 heures de WhatsApp, ce qui exige un template approuvé par Meta, et ce que le devoir de conseil et la traçabilité imposent au cabinet.
Le parcours, étape par étape
- Accuser réception dans l'heure et cadrer la déclaration. Le client écrit en premier : la fenêtre de 24 heures est ouverte, le conseiller répond en texte libre. Il confirme la date, le lieu et les circonstances, demande les photos manquantes et rappelle le délai de déclaration prévu au contrat (en France, le Code des assurances fixe un minimum de cinq jours ouvrés pour la plupart des sinistres, deux pour le vol ; ailleurs, c'est la police qui fait foi). Dès ce premier message, il indique qui suit le dossier (« {conseiller} est votre interlocuteur ») pour éviter que le client n'écrive à trois personnes du cabinet.
- Lister les pièces et désigner un seul référent. Dans la même conversation, le cabinet envoie la liste des justificatifs : constat amiable ou rapport de police, factures ou devis de réparation, relevé d'identité bancaire ou numéro mobile money pour le règlement. Règle de prudence sur les données sensibles : pour un sinistre corporel ou santé, on ne demande jamais de compte rendu médical sur WhatsApp ; on indique au client le canal sécurisé de la compagnie ou un envoi en agence. Le référent est noté sur la fiche client, et la conversation est visible par toute l'équipe dans l'inbox partagée, pas sur le téléphone personnel d'un conseiller.
- Transmettre à la compagnie et s'engager sur une date de nouvelle. Le dossier part à l'assureur par son extranet ou par email ; le cabinet note la référence compagnie sur la fiche et la donne au client. Le point décisif : avant de fermer la conversation, le conseiller fixe une date de prochaine nouvelle (« je reviens vers vous au plus tard le {date}, même si l'expert n'a pas encore statué »). Cet engagement, tenu, supprime l'essentiel des appels entrants. Il faut qu'il soit réaliste : on promet une date de contact, jamais une date d'indemnisation que seule la compagnie maîtrise.
- Envoyer les points d'étape hors fenêtre avec un template utility. Passées 24 heures sans message du client, le cabinet ne peut plus écrire librement : il envoie un template approuvé par Meta en catégorie utility, comme le modèle sinistre-point-étape, avec le numéro de dossier et l'état d'avancement. Un point d'étape sans nouvelle reste un point d'étape : « l'expert n'a pas encore rendu son rapport, je le relance ce jour » vaut mieux que le silence. Le message rouvre la fenêtre dès que le client répond, ce qui permet de reprendre l'échange en texte libre.
- Annoncer l'expertise, expliquer la franchise et le montant proposé. Quand la compagnie communique la date de passage de l'expert ou une proposition d'indemnisation, le cabinet la relaie immédiatement et l'explique : franchise contractuelle, vétusté, plafond de garantie, part restant à charge. C'est ici que le devoir de conseil s'exerce après coup : si le client conteste, le conseiller explique les voies de recours (contre-expertise, médiation de l'assurance en France, service réclamations de la compagnie ou régulateur en zone CIMA). Les montants s'écrivent en toutes lettres et en chiffres, avec la devise, et on renvoie au courrier officiel de la compagnie, qui seul fait foi.
- Confirmer le règlement, clôturer et mesurer la satisfaction. Une fois le virement ou le transfert mobile money émis, le cabinet demande au client de confirmer la réception, puis envoie un message de clôture qui résume le dossier (date, montant, référence). Deux à cinq jours plus tard, une question de satisfaction courte (modèle satisfaction-après-sinistre, avec boutons) permet de détecter un client déçu avant qu'il ne parte à l'échéance. Enfin, le sinistre révèle souvent un trou de garantie (valeur à neuf absente, plafond trop bas) : c'est le moment de proposer une revue de couverture, sans la mélanger au message de clôture.
Exemples de messages
Accusé de réception, dans la fenêtre de 24 h
Le cabinet
Bonjour {prenom}, j'ai bien reçu votre déclaration et les 4 photos.
Je m'en occupe personnellement : je suis {conseiller}, du cabinet {cabinet}.
Pour ouvrir le dossier chez la compagnie, il me manque :
- le constat signé (recto-verso)
- un devis de réparation
- votre RIB ou votre numéro Wave/Orange Money pour le règlement
Je vous confirme l'ouverture dès réception. Vous avez jusqu'au {date} pour compléter la déclaration.
Point d'étape à J+8, template utility
Le cabinet
Bonjour {prenom}, point sur votre dossier sinistre {contrat}.
La compagnie a désigné un expert. Son passage est prévu autour du {date} ; il vous appellera directement pour fixer l'heure.
Je reviens vers vous dès réception de son rapport, et au plus tard sous 10 jours.
{conseiller}, {cabinet}
Proposition d'indemnisation reçue
Le cabinet
{prenom}, bonne nouvelle : la compagnie propose une indemnité de {montant} pour le dossier {contrat}.
Détail : montant du devis moins la franchise prévue à votre contrat. Le règlement part par virement sous quelques jours après votre accord.
Si vous souhaitez contester le montant, dites-le-moi avant de signer : je vous explique la procédure de contre-expertise.
Répondez OK pour accepter ou appelez-moi.
Les pièges à éviter
- Promettre une date d'indemnisation : le cabinet ne maîtrise que ses propres délais ; on s'engage sur une date de contact, pas sur la décision de la compagnie.
- Laisser passer plus d'une semaine sans message : c'est précisément le silence qui génère les appels et les avis négatifs, même quand le dossier avance normalement.
- Demander un certificat médical ou un compte rendu d'hospitalisation sur WhatsApp : données de santé, à faire transiter par le canal sécurisé de la compagnie.
- Suivre le sinistre depuis le téléphone personnel du conseiller : en cas d'absence ou de départ, le cabinet perd l'historique et la preuve des échanges.
- Oublier de noter la référence compagnie sur la fiche client : chaque point d'étape oblige alors à fouiller l'extranet de l'assureur.
- Glisser une offre commerciale dans le message de clôture : un client qui vient de subir un sinistre le vit comme une facture déguisée ; la revue de couverture se propose à part.
Comment ORIS organise ce cas d'usage
Dans ORIS, la déclaration arrive dans l'inbox partagée et reste attachée à la fiche du client dans Customers & Segments, avec la référence du dossier en note. L'indicateur Window Open / Window Closed dit au conseiller s'il peut répondre en texte libre ou s'il doit passer par un template de la catégorie claims, approuvé par Meta.
Pour les dossiers longs, une campagne à objectif « Claims follow-up » envoie les points d'étape à une liste de clients sinistrés, et la classification des réponses remonte les messages négatifs : un client qui écrit « c'est inadmissible » déclenche une notification « AI Flagged for Review » et un brouillon de réponse à valider, jamais une réponse automatique. Quand la conversation révèle un trou de garantie, le conseiller pose un flag coverage_gap qui devient une opportunité de type coverage_review dans Opportunities & Risks. L'export CSV permet de joindre l'historique au dossier compagnie.
Questions fréquentes
Puis-je envoyer un point d'étape si le client n'a pas écrit depuis plusieurs jours ?
Oui, à condition d'utiliser un template approuvé par Meta en catégorie utility. Le message en texte libre n'est possible que dans les 24 heures qui suivent le dernier message du client ; dès qu'il répond au template, la fenêtre se rouvre.
Faut-il un opt-in spécifique pour les messages de suivi de sinistre ?
Il faut que le client ait accepté de recevoir des messages WhatsApp du cabinet. Un suivi de dossier est un message de service lié à un contrat en cours ; il ne relève pas du marketing, mais un client qui a demandé à ne plus recevoir aucun message doit être contacté par un autre canal.
Les échanges WhatsApp ont-ils une valeur de preuve en cas de litige ?
Ils constituent un commencement de preuve horodaté, d'autant plus solide qu'ils sont conservés sur un numéro du cabinet et exportés régulièrement. Ils ne remplacent pas les documents officiels de la compagnie : avis d'ouverture, rapport d'expertise, lettre d'indemnisation.
Que faire quand la compagnie ne répond pas et que le client s'impatiente ?
Dire la vérité au client, lui donner la date de votre prochaine relance auprès de la compagnie, et la tenir. Si les délais deviennent anormaux, orienter le client vers le service réclamations de l'assureur ou, selon le pays, le médiateur ou le régulateur.
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