Sous-assurance : expliquer au client pourquoi son indemnité est réduite
Règle proportionnelle de capitaux ou de prime : d'où vient la réduction d'indemnité, comment elle se calcule et ce que le cabinet doit avoir écrit avant.
L'assureur résilie le contrat de votre client après un sinistre. Délais de l'article R113-10, autres contrats, relevé d'information et recours au BCT.
La lettre arrive trois semaines après le règlement du sinistre, en général chez le client avant d'arriver chez vous. Le lendemain matin, le message est sur le WhatsApp du cabinet : « ils me résilient, je fais quoi ? ». La résiliation après sinistre est un des rares moments où un client bien indemnisé devient un client mécontent — et où le courtier peut soit perdre l'ensemble du foyer, soit démontrer précisément à quoi il sert.
Le cadre est court et précis. Il tient dans l'article R. 113-10 du code des assurances, complété par les règles de remise du relevé d'information et, pour l'automobile, par la saisine du Bureau central de tarification.
Premier réflexe : ouvrir les conditions générales. La résiliation après sinistre n'existe que si une clause de la police la prévoit. Elle n'est pas un droit général de l'assureur. Quand la clause existe, le texte pose trois règles :
À ne pas confondre avec deux autres situations : la résiliation à l'échéance, qui obéit au préavis contractuel, et la nullité ou la réduction d'indemnité pour fausse déclaration, qui relèvent des articles L. 113-8 et L. 113-9. Le courrier reçu ne dit pas toujours clairement de laquelle il s'agit : le fondement invoqué doit être lu avant toute réponse.
C'est l'alinéa que les clients ignorent et que les cabinets oublient parfois d'exploiter. Quand l'assureur résilie après sinistre, la police doit reconnaître à l'assuré le droit de résilier les autres contrats qu'il détient chez le même assureur. Le calendrier est serré.
| Événement | Délai | Effet |
|---|---|---|
| Notification de la résiliation à l'assuré | Point de départ | Le contrat sinistré reste en vigueur un mois |
| Résiliation du contrat sinistré | 1 mois après la notification | Fin de garantie, restitution de prime au prorata |
| Faculté de résilier les autres contrats chez le même assureur | Dans le mois de la notification | À exercer par le client, sinon elle est perdue |
| Effet de ces résiliations | 1 mois après notification à l'assureur | Restitution des primes non courues |
Autrement dit : votre client dispose d'une fenêtre d'un mois pour sortir un MRH, une santé ou une flotte de chez l'assureur qui vient de le résilier — et vous d'une fenêtre d'un mois pour organiser un replacement d'ensemble plutôt qu'un rafistolage. Passée cette fenêtre, les autres contrats repartent pour une année.
Le suivi de dossier au quotidien suit la même logique que celui d'un sinistre : voir notre cas d'usage tenir le client informé pendant un sinistre et l'article sur l'information du client à chaque étape d'un dossier auto.
Pour un client soumis à une obligation d'assurance — au premier rang desquels la responsabilité civile automobile — le refus des confrères n'est pas une fin de parcours. Toute personne assujettie à cette obligation qui s'est vu opposer un refus peut saisir le Bureau central de tarification, prévu par l'article L. 212-1 du code des assurances. Trois points à connaître avant d'annoncer quoi que ce soit au client :
Les délais et les documents varient selon les pays où vous êtes immatriculé ; la fiche courtiers en France résume le cadre local et le régulateur compétent.
Techniquement, ce dossier est une procédure. Commercialement, c'est un client qui vient d'apprendre que son assureur ne veut plus de lui et qui compare, ce mois-ci, la valeur ajoutée de son courtier. Deux ou trois messages datés — « courrier reçu le 3, préavis jusqu'au 3 du mois prochain, vous restez couvert d'ici là », « relevé d'information demandé », « trois pistes en cours, réponse attendue vendredi » — pèsent plus lourd qu'un long appel à la fin.
C'est le type de séquence qu'une inbox partagée rend tenable quand plusieurs collaborateurs suivent le même foyer : l'historique reste attaché au client et non au téléphone de celui qui a décroché. Dans ORIS, ce client bascule naturellement dans les Opportunities & Risks avec un risque d'attrition élevé, ce qui évite qu'il disparaisse des radars pendant les trente jours où tout se joue. Rien de magique : simplement, un dossier que personne ne rappelle, c'est un foyer entier qui part.
Uniquement si une clause du contrat lui en ouvre la faculté, et dans les conditions qu'elle prévoit. Certaines polices la réservent à des cas précis, comme un sinistre avec circonstances aggravantes en automobile. En l'absence de clause, la lettre est contestable : la première chose à faire est de relire les conditions générales applicables à la date du sinistre.
Un mois après la notification qui lui a été faite, et pas au jour du courrier reçu au cabinet. Pendant ce mois, la garantie court normalement et un nouveau sinistre doit être pris en charge. C'est aussi la durée dont vous disposez pour replacer le risque sans interruption de couverture, ce qui est déterminant pour l'assurance obligatoire.
Oui, à condition d'agir dans le mois qui suit la notification de la résiliation du contrat sinistré. Chaque résiliation prend effet un mois après sa notification à l'assureur, avec restitution des primes correspondant à la période non garantie. C'est une faculté offerte au client : si personne ne la lui signale à temps, elle s'éteint.
La demande doit être expresse et écrite, ce qui fait courir le délai de quinze jours prévu par le code des assurances. En pratique, une relance datée mentionnant ce délai suffit dans la plupart des cas ; à défaut, le service réclamations de l'assureur puis le médiateur de l'assurance prennent le relais. Conservez chaque étape au dossier.
Il doit répondre exactement aux questions précises qui lui sont posées lors de la souscription. Dissimuler une résiliation antérieure quand la question est posée expose à la nullité du contrat pour fausse déclaration intentionnelle, c'est-à-dire à une absence de garantie découverte au pire moment. Le rôle du courtier est de le dire clairement, par écrit, et de trouver le marché qui accepte le risque déclaré.
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